En 2025, les Pays-Bas ont produit une quantité record d'électricité et ont exporté des milliards de kWh vers les pays voisins. Pourtant, les ménages n'en ressentent pratiquement pas les effets : la facture d'énergie reste élevée. Comment se fait-il qu'une année record en matière de production d'électricité n'entraîne pas une baisse des coûts pour les ménages ?
En 2025, les entreprises du secteur de l'énergie, les exploitants de parcs éoliens et solaires ainsi que les ménages équipés de panneaux solaires ont produit ensemble 132 milliards de kWh d'électricité, soit le niveau le plus élevé jamais enregistré aux Pays-Bas. C'est ce qui ressort des nouveaux chiffres publiés par l'Office central des statistiques (CBS).
La production est ainsi supérieure d'un quart à celle d'il y a dix ans. Une grande partie de cette électricité a été exportée vers les pays voisins, faisant de 2025 l'année où les Pays-Bas ont exporté pour la première fois une telle quantité d'électricité.
L'énergie solaire atteint un nouveau record
En 2025, la production d'électricité à partir de l'énergie solaire a augmenté de 17 % par rapport à 2024. Deux facteurs expliquent cette croissance : 2025 a été une année exceptionnellement ensoleillée, et la puissance totale installée des panneaux solaires a augmenté de 4 %. Au cours des dix dernières années, la production d'électricité solaire a été multipliée par plus de vingt, faisant de l'énergie solaire un pilier incontournable de l'approvisionnement en électricité des Pays-Bas.
L'énergie éolienne a présenté un bilan mitigé. La production d'électricité terrestre a diminué en raison de conditions de vent moins favorables, tandis que la production en mer a, au contraire, augmenté. Cela s'explique par le fait que les parcs éoliens mis en service en 2024 ont connu leur première année complète de production en 2025. Fin 2025, la puissance éolienne totale s'élevait à 7,0 gigawatts à terre et à 4,7 gigawatts en mer.
Les énergies fossiles repartent à la hausse
Bien que les énergies renouvelables restent la principale source d'électricité, la production issue des énergies fossiles a également augmenté. En 2025, 48 % de l'électricité provenait du gaz naturel et du charbon, soit une hausse de 14 % par rapport à 2024. Le gaz naturel (+11 %) et le charbon (+25 %) ont notamment apporté une contribution significative.
À plus long terme, la production à partir du charbon est toutefois bien inférieure à ce qu'elle était il y a dix ans, avec une baisse d'environ 70 % depuis 2015. Selon les experts en énergie, cette hausse prévue pour 2025 montre que les centrales à combustibles fossiles continuent de jouer un rôle crucial en tant que réserve flexible dans un système qui dépend de plus en plus de l'énergie solaire et éolienne.
Les Pays-Bas : plaque tournante de l'électricité pour l'Europe
En 2025, les Pays-Bas ont exporté environ 30 milliards de kWh, soit un quart de plus qu'en 2024. L'Allemagne et la Belgique, en particulier, ont importé de grandes quantités.
La hausse des exportations vers l'Allemagne s'explique par une baisse de la production des parcs éoliens offshore allemands et par des niveaux d'eau plus bas dans les centrales hydroélectriques en Suisse et en Autriche. Pour la Belgique, la baisse de la production des centrales nucléaires a été un facteur important. Dans le même temps, les importations d'électricité ont baissé de 19 %, les Pays-Bas couvrant de plus en plus leurs propres besoins.
Grâce à ces évolutions, les Pays-Bas passent progressivement du statut de pays dépendant sur le plan énergétique à celui de plaque tournante majeure de l'électricité pour le nord-ouest de l'Europe. Cet effet pourrait même s'accentuer encore davantage dans les années à venir, avec l'extension prévue des parcs éoliens offshore.
Pourtant, la facture ne diminue pas
Malgré une production et des exportations record, le prix de l'électricité pour les ménages reste élevé. Comment cela s'explique-t-il ? Tout d'abord, le prix est en grande partie déterminé sur le marché de gros européen, où c'est souvent la centrale la plus chère nécessaire pour répondre à la demande – généralement une centrale à gaz – qui fixe le prix de toute l'électricité. Même lorsque la production solaire et éolienne est abondante, cela peut maintenir le prix à un niveau élevé.
Par ailleurs, la hausse des coûts liés au réseau et à l'exploitation du système exerce une pression supplémentaire sur la facture d'énergie. Des investissements sont nécessaires pour faire face aux pics de production et de demande et pour maintenir la stabilité du réseau électrique. La forte demande à l'exportation peut également entraîner une hausse temporaire des prix sur le marché de gros, ce qui se répercute indirectement sur les consommateurs.
En résumé : une année record en matière de production d'électricité ne se traduit pas automatiquement par une baisse des coûts à la prise. Elle contribue toutefois à un système énergétique plus stable et plus durable, susceptible de réduire à l'avenir la dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles.
Une tendance claire
Au cours des dix dernières années, la production issue des énergies renouvelables a été multipliée par près de cinq, le solaire et l'éolien étant les principaux moteurs de cette croissance. Les combustibles fossiles restent nécessaires pour assurer la flexibilité du réseau, mais la tendance est claire : les Pays-Bas sont en passe de devenir un exportateur d'électricité avec une part croissante d'énergies renouvelables.
Le record de 132 milliards de kWh atteint en 2025 ne sera probablement pas le point culminant. Avec la mise en service de nouveaux parcs éoliens offshore et la poursuite de l'expansion des parcs solaires, la production pourrait atteindre 150 à 180 milliards de kWh dans les années à venir, tandis que les Pays-Bas deviendront un acteur de plus en plus important sur le marché européen de l'électricité.











